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Volvo XC90, tout-terrain à la suédoise
Par Jacques Duval
Silhouette trompeuse Au premier coup d'il, j'étais certain que la XC 90 était l'une des plus petites de la catégorie. Pourtant, vérification faite, elle est plus longue, plus haute et son empattement plus long que la BMW X5 par exemple. Par un curieux retour des choses, c'est Volvo qui a le dessus en fait de stylisme sur la marque munichoise. Cette situation s'explique en partie par le fait que Volvo est le spécialiste européen de la familiale, avantage que ses stylistes ont su exploiter à leur avantage. Malgré cette silhouette en trompe-l'oeil, c'est un véhicule aux dimensions imposantes. Sa caractéristique visuelle la plus importante est la présence de ces gros feux arrière verticaux qui permettent de l'identifier facilement. À l'avant, la traditionnelle grille quadrillée avec l'emblème Volvo et la barre en diagonale sont des signatures visuelles qui font le lien avec le passé et également avec la V70 XC.
Il n'y a pas que la présentation extérieure qui ressemble à cette dernière, l'habitacle en est fortement inspiré, allant même jusqu'à emprunter les commandes de la climatisation. La nacelle des instruments est presque identique à la familiale également. Naturellement, la XC90 demeure fidèle à la tradition de cette marque avec des sièges avant très confortables et d'un bon support latéral. Même si les ingénieurs de la compagnie ne sont pas friands d'une troisième rangée de sièges, ils ont été obligés de s'exécuter. Pour des raisons de sécurité, les ingénieurs ont opté pour des banquettes réservées pour des enfants, car ils affirment que de sièges de taille régulière sont incapables d'assurer une bonne protection à ses occupants en cas d'accident. Il faut également souligner la façon astucieuse dont ces deux sièges s'escamotent dans une cavité pratiquée dans le plancher. Et ce véhicule ne serait certainement pas dans le coup si les occupants des places arrières n'avaient pas l'opportunité de visionner des films lors de leur déplacement grâce à la présence d'un écran et d'un lecteur DVD offerts en option. Enfin, l'accès à la soute à bagages s'effectue par un hayon qui occupe les deux-tiers de l'ouverture. Il est ainsi plus léger et plus facile à refermer. L'autre tiers est occupé par un battant horizontal qui facilite le chargement.
Équilibrée mais lente Il suffit de jeter un coup d'il sous le capot pour y retrouver des éléments déjà utilisés sur d'autres Volvo. Le moteur de série est un cinq cylindres de 2,5 litres avec turbo à basse pression d'une puissance de 208 hp. Il est équipé de la transmission automatique à cinq rapports. Le moteur optionnel est le six cylindres en ligne transversal de 2,9 litres produisant 268 hp. Il est livré avec une transmission automatique à quatre rapports. La plate-forme "P2" est dérivée de celle utilisée sur la berline S80. Sa suspension avant est de type MacPherson tandis que la suspension arrière multibras est composée de plusieurs composantes en aluminium. Cette Volvo ne serait pas digne de la marque si elle n'offrait pas quelque chose d'inédit en fait de sécurité. Comme son centre de gravité est plus élevé et donc plus sensible au capotage, les ingénieurs ont développé un système actif de rehaussement de la stabilité. Celui-ci est équipé d'un capteur gyroscopique qui mesure constamment la vitesse et l'angle de roulis du véhicule. Si cet angle terminal est jugé trop élevé, le système entre automatiquement en fonction pour ralentir et stabiliser le véhicule. Parmi les autres éléments de sécurité, mentionnons le rideau latéral se prolongeant jusqu'à la troisième rangée et les renforts de toit en acier au bore qui est quatre à cinq fois plus robuste que l'acier ordinaire.
Des deux modèles, le T6 doit théoriquement se démarquer de celui équipé du moteur cinq cylindres, beaucoup moins puissant. Pourtant, il a été à peine plus rapide. Mais c'est surtout le manque de vivacité des réponses qui m'a frappé. Heureusement que le système Geartronic à sélection manuelle des vitesses permet de compenser quelque peu. À l'exception de ce bémol, c'est une bonne routière. Dans les virages, le roulis est négligeable et la répartition du poids presque idéale de 50/50 limite le sous-virage au minimum. Les performances hors-route ont été à peine évaluées, mais elles devraient être quelque peu supérieures à celles de la V70X qui est assez bien nantie à ce chapitre. Bref, à part un manque de vigueur des deux moteurs qui s'explique
sans doute en raison du fait qu'il s'agissait de voiture de pré-production,
cette X90 a tout pour inquiéter les Acura MDX, Lexus RX300 et autres...
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