Les grands chantiers du siècle: l'Empire State Building



Par Sylvain Lafontaine

 

Cette chronique a pour mission de présenter de grandes réalisations humaines qui ont un impact significatif sur le développement de certaines régions du monde. Fin de siècle oblige, nous accorderons une importance particulière sur les projets qui ont marqué le 20e siècle tant par leur utilité que par l'ampleur des travaux nécessaires à leur érection.

 

Se dressant majestueusement sur l'île de Manhattan et offrant une vision spectaculaire de la ville de New York, l'Empire State Building fut pendant 40 ans le gratte-ciel le plus élevé de la planète et demeure étroitement imbriqué dans l'histoire de la ville, et des États-Unis. Construit au début de la grande dépression des années trente, à une époque où les projets se faisaient rares, la construction de ce bâtiment était le résultat d'une folle compétition entre deux grandes corporations américaines, Chrysler Corporation (représentée par le Chrysler Building haut de 310 mètres) et General Motors. Le but : une course vers le ciel afin de déterminer qui construirait le plus haut gratte-ciel de la planète. Ce fut finalement l'Empire State Building qui emporta l'honneur, dépassant son rival de 70 mètres.

Livré avant la date promise et moins cher que prévu !
La construction de cet édifice s'est faite rapidement, à un rythme impressionnant de 4 étages et demi par semaine, principalement grâce à l'emploi d'éléments préfabriqués. L'ossature, constituée de 60 000 tonnes d'acier, fut montée en 23 semaines seulement. Au moment fort de la construction, près de 3400 ouvriers travaillaient sur les lieux. Le gratte-ciel fut officiellement ouvert 5 mois avant l'échéance fixée et le coût total de la construction s'éleva à 40 948 900 $US (incluant le terrain), soit 10% en deçà du coût originalement prévu, en grande partie grâce à la débâcle économique qui fit baisser les salaires et le prix des matériaux. D'ailleurs, ses promoteurs connurent beaucoup de difficultés à louer les locaux (au moment de son inauguration, le taux d'occupation n'était que de 46%) et n'évitèrent la faillite que grâce à l'énorme succès remporté par ses belvédères au 86e et 102e étage qui ont accueilli jusqu'à ce jour près de 120 millions de visiteurs.

À l'origine, l'Empire State Building était destiné à être bien plus qu'une simple tour à bureau. Un mat d'amarrage de 46 mètres de hauteur pour les dirigeables avait été installé au 86e étage en prévision d'une augmentation marquée de la demande au niveau du transport par dirigeable. Le projet dû être abandonné après quelques débarquements car l'entreprise se révéla être trop risquée, les mastodontes se balançant dangereusement au-dessus de Manhattan. L'installation a ensuite été remplacée par une antenne de transmission de radio et de télévision.

Un lieu de rendez-vous célèbre
L'Empire State Building a été le lieu de rendez-vous de plusieurs personnages célèbres provenant du milieu politique ou du monde des spectacles : Fidel Castro, Mussolini, la reine Élisabeth, le roi de Siam, même King Kong a jugé utile de rendre des visites éclairs à ce monument en 1933 et 1983.

D'ailleurs à ce chapitre, le colosse de Manhattan est apparu dans de nombreux films, ce qui contribua à faire mousser sa renommée.

Ce gratte-ciel détient également son lot d'incidents et de tragédies. Seize personnes se sont suicidées en se jetant du haut de la plate-forme du 86e étage. Un grillage antisuicide fut installé afin d'enrayer ces tentatives, ce qui n'a d'ailleurs pas découragé les plus désespérés. Toutefois, l'accident le plus spectaculaire est survenu le 28 juillet 1945, par un soir de brouillard, alors qu'un bombardier B-25 de l'armée de l'air américaine a éventré la façade nord du gratte-ciel au 79e étage, causant ainsi la mort de 14 personnes et faisant 26 blessés.

L'empire State Building a perdu son titre de plus haut gratte-ciel de la planète en 1972 lors de l'achèvement des 2 tours jumelles du Word Trade Center. Malgré tout, l'Empire State demeure le plus célèbre des gratte-ciel demeure toujours le symbole par excellence de la ville de New York.

Références :

Guide à voir, New York, Édition Libre expression, 1994; New York, Édition Gallimard, Nouveau-loisirs, 1992;

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